LA PHILOSOPHIE DE LA GUERRE, LE CYBERTERRORISME ET LA CYBERDÉFENSE - Revue retfe

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LA PHILOSOPHIE DE LA GUERRE, LE CYBERTERRORISME ET LA CYBERDÉFENSE

Publication Date : 02-06-2025


Auteur(s) :

Bernard Gills Olivier GUINA.


Volume/Numéro :
Volume 2
,
Issue 3
(06 - 2025)



Résumé :

Dans un monde de plus en plus numérisé, la guerre a quitté les champs de bataille classiques pour s’inscrire dans un espace i mmatériel : le cyberespace. Ce nouvel environnement, tout en offrant des opportunités sans précédent pour la communication, le savoir et la gouvernance, est également devenu le théâtre d’affrontements complexes entre acteurs étatiques et non étatiques. Deux phénomènes en émergent avec une intensité pa rticulière : le cyberterrorisme et la cyberdéfense. Le premier désigne l’usage malveillant des technologies de l’information dans une finalité de terreur, de sabotage ou de déstabilisation ; le second incarne les réponses sécuritaires, stratégiques et parfois juridiques mises en place pour prévenir ou contrer ces attaques. Cet article interroge ces deux réalités à travers une approche philosophique, éthique et géopolitique. Il s’agit de penser la guerre non seul ement comme une donnée stratégique, mais comme un phénomène profondément anthropologique, qui engage la condition humaine dans sa fragilité comme dans sa dignité. À l’ère numérique, la guerre devient invisible, déterritorialisée, et parfois permanente. Le cyberterrorisme accentue l’insécurité existentielle en exposant les sociétés à une menace constante, tandis que la cyberdéfense, si elle est éthiquement encadrée, peut devenir un levier de protection de la vie, de préservation de la liberté, et de promotion de la souveraineté numérique. À partir de l’objectif central qui consiste à réfléchir sur la contribution de la cyberdéfense à la qualité existentielle de l’homme, ce travail met en lumière l’ambivalence du numérique. Il peut aliéner, surveiller, détruire – mais il peut aussi sécuriser, relier et protéger. D’où la nécessité d’une éthique forte, d’une gouvernance juste, et d’une visi on philosophique profonde. L’étude mobilise les apports de penseurs classiques (Platon, Clausewitz, Sun Tzu), critiques (Foucault, Deleuze, Baudrillard), et africains contemporains (Mbembe, Mbonda, Djiré, Zinsou) afin de proposer une réflexion globale et contextualisée. La guerre numérique ne peut être comprise sans une philosophie du pouvoir, une critique des usages et une éthique de la technique.


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